Perspectives

VOX 3.0, c’est parti!

Par Francine Filion
Le 27 octobre 2014

En leur qualité de professionnelles et professionnels, les enseignantes et enseignants ont toujours défendu les principes de la démocratie et de la justice sociale, en particulier dans le contexte du système d’éducation publique du Canada. Par exemple, au cours des dix dernières années, ils ont été des dizaines de milliers à faire découvrir à leurs élèves Vote étudiant, le modèle d’élection parallèle à l’intention des élèves qui n’ont pas encore l’âge de voter.

Il suffit aussi de jeter un coup d’œil au site Web du programme Imagineaction de la FCE pour mesurer toute l’ampleur des projets de justice sociale que mènent les élèves avec l’aide de leurs enseignantes et enseignants dans les communautés du pays.

Les enseignantes et enseignants adorent leur profession et se font les champions de la démocratie, des droits de la personne et du bien commun. C’est connu, leurs voix se font entendre haut et fort dans les assemblées législatives provinciales et territoriales ainsi que sur la Colline du Parlement.

En 2012, peu après la présentation du projet de loi C-377 à la Chambre des communes, la FCE a lancé la campagne « Écoutez ma voix » à la demande de son Conseil d’administration. Il était devenu clair que ce projet de loi menaçait les droits des travailleurs et travailleuses au Canada. (Nous vous invitons à lire « Droits des travailleurs et travailleuses, inégalité et démocratie ».)

La campagne « Écoutez ma voix » de la FCE est une campagne non partisane qui a incité des milliers d’enseignants et enseignantes, en activité et à la retraite, à communiquer avec les membres de la Chambre des communes et du Sénat en leur envoyant des cartes postales, en allant les rencontrer en personne et, évidemment, en passant par les médias sociaux. D’autres organisations syndicales ont mené des activités du même genre et exercé des pressions sur les parlementaires fédéraux, en particulier les sénateurs et sénatrices. Cette manifestation de solidarité a porté ses fruits. En effet, notre position a été appuyée par un groupe de sénatrices et sénateurs conservateurs progressistes qui se sont rendu compte que le projet de loi portait atteinte à la compétence provinciale, enfreignait les lois sur la protection des renseignements personnels et perturbait l’équilibre de la négociation collective au Canada. Grâce aux efforts de ces personnes, le projet de loi C-377 a été mis de côté sans qu’aucune autre mesure ne soit prise.

Après être resté inactif pendant un an, le projet de loi C-377 a refait son apparition au Sénat malgré ses déficiences fondamentales, signalées par des spécialistes du droit constitutionnel, des commissaires à la protection de la vie privée, des ministres provinciaux du travail et des syndicats. (Nous vous invitons à lire « Le Parlement doit parler au nom de tous les Canadiens et Canadiennes ».)

Il va sans dire que le climat politique actuel n’est favorable ni aux travailleuses et travailleurs, ni à la démocratie au Canada. Le projet de loi C-377 n’est qu’une des mesures qui semblent destinées à museler les Canadiennes et Canadiens en désaccord avec les politiques du gouvernement. Ces mesures ont ébranlé les fondements mêmes de la société canadienne qui, encore récemment, défendait les valeurs de la justice, du bien commun et de l’égalité du droit de parole. (Nous vous invitons à lire « Un mouvement national d’action politique du personnel enseignant qui s’appuiera sur la base ».)

Et maintenant?

En tant qu’enseignantes et enseignants et en tant qu’organisations de l’enseignement, nous pouvons influencer les décisions politiques. En travaillant individuellement et collectivement, nous pouvons promouvoir notre profession et défendre les droits et valeurs démocratiques dans nos communautés, nos provinces et territoires, et notre pays.

Une élection fédérale est prévue pour la fin d’octobre 2015. Elle pourrait cependant avoir lieu plus tôt. La FCE et ses organisations Membres prennent actuellement des mesures pour que les questions touchant la profession enseignante, l’éducation publique et le bien commun fassent partie du débat public au cours des mois qui précèderont la prochaine élection fédérale et bien après.

La FCE, en collaboration avec ses organisations Membres, a créé un réseau national d’action politique auquel les enseignantes et enseignants peuvent se joindre par l’intermédiaire de leur organisation provinciale ou territoriale de l’enseignement. La prochaine phase, VOX 3.0 (« vox » est le mot latin pour « voix »), de la campagne « Écoutez ma voix » offrira aux organisations Membres et aux membres du personnel enseignant les outils et le soutien dont ils auront besoin pour entrer en contact de façon non partisane avec les députées et députés et les candidates et candidats fédéraux afin de leur faire connaitre les points de vue des enseignantes et enseignants sur une vaste gamme d’enjeux.

Photo de groupe
Les membres du Réseau national d’action politique du personnel enseignant ont participé au Camp VOX du 3 au 5 octobre
à Ottawa. La photo a été prise le 5 octobre, Journée mondiale des enseignantes et des enseignants.

Qu’est-ce que cela veut dire pour vous dans votre classe et dans la communauté?

Un grand nombre des enjeux signalés par les enseignantes et enseignants nécessitent que le gouvernement fédéral s’en occupe.

Les enseignantes et enseignants nous ont dit, tant dans le cadre de sondages que de manière informelle, que les problèmes de santé mentale des élèves, la pauvreté des enfants et l’intimidation (y compris la cyberintimidation) sont au cœur de leurs préoccupations, parce qu’ils ont une incidence sur la qualité de l’apprentissage et de l’enseignement. Il ne s’agit pas de problèmes nébuleux ou bénins, mais de problèmes bien réels auxquels le gouvernement fédéral doit s’attaquer (nous vous invitons à lire nos exposés de position). Et à cet égard, nos voix peuvent avoir une grande influence.

Bien qu’il puisse sembler difficile de faire le lien entre ce qui se passe à Ottawa et les conditions dans les salles de classe, les politiques fédérales ont une incidence sur les conditions d’enseignement et d’apprentissage. C’est pourquoi il est important d’agir localement, dans une perspective fédérale. En faisant résonner nos voix, haut et fort, dans nos circonscriptions respectives, nous montrons aussi tout notre dévouement pour le bienêtre des élèves. Voici comment vous joindre à la campagne, qui se déroulera au cours des prochains mois :

Nous avons hâte d’entendre votre voix dans ce processus démocratique.

Francine Filion est directrice des Communications à la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants.

Publication
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Fax : 613-232-1886
Ligne sans frais : 1-866-283-1505

Le magazine Web Perspectives est publié par la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), une alliance nationale d’organisations provinciales et territoriales qui représentent plus de 238 000 enseignantes et enseignants des paliers élémentaire et secondaire au Canada.

Rédactrice en chef : Francine Filion | Traduction et révision : Marie‑Caroline Uhel et Marie‑Hélène Larrue
Correction d’épreuves : Denise Léger
Conception graphique : Nathalie Hardy et Athina Lavoie | Conception web : Greg Edwards

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