Perspectives

Les enseignantes et enseignants francophones en Colombie‑Britannique

Par Sylvie Liechtele
Le 18 mars 2016

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux, terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes d’eau avec son bec pour les jeter sur le feu.

Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Légende amérindienne

Tel le colibri, petit oiseau déterminé, décrit autant dans les contes africains que dans les légendes autochtones en Amérique qui a montré l’exemple de sa ténacité, les enseignantes et enseignants francophones déposent chaque jour leur goutte d’eau pour éteindre le feu de forêt de l’assimilation et ainsi faire fleurir la francophonie britanno-colombienne.

Le Syndicat des enseignantes et des enseignants du programme francophone de la Colombie-Britannique (SEPF) représente plus de 450 enseignantes et enseignantes, disséminés dans 37 écoles à travers toute la province allant de l’ouest en est de Port Alberni jusqu’à Fernie et du nord au sud de Terrace à Vancouver en passant par Nelson.

Un défi de taille mais notre logo est le colibri et il a été choisi par l’ensemble de nos membres comme symbole!


Membres du Comité exécutif
  Rangée arrière (de gauche à droite) : Linda Thériault, Stéphane Bélanger et Daniel Bouchard
Rangée avant (de gauche à droite) : Faziah Gamaz, Sylvie Liechtele, Denise Branter et Maria Stinchcombe.

Mise en contexte de la francophonie d’ici

On dénombre en Colombie-Britannique 298 695 personnes capables de soutenir une conversation en français. Parmi elles, 70 755 personnes ont le français, ou le français et une autre langue, comme langue maternelle.

Historiquement, les Francophones ont joué un rôle important dans la fondation de la Colombie-Britannique et dans l’histoire du Pacifique nord-ouest puisqu’ils ont été responsables du fait que la Colombie-Britannique n’est pas devenue une partie des États-Unis, un des faits surprenants décrit par Jean Barman, professeur à l’Université de la Colombie-Britannique dans son livre French Canadians, Furs and Indigenous Women in the Making of the Pacific Northwest, publié par UBC Press.

La francophonie ici est donc particulière et issue d’une histoire riche de gens déterminés.

Aujourd’hui, qui sont les francophones d’ici ?

Selon Claire Trépanier, directrice du Bureau des affaires francophones et francophiles à l'Université Simon Fraser, « les jeunes francophones d’ici ont une identité multiple et possèdent en fait un plurilinguisme culturel ». Un phénomène typiquement canadien qui fait, plus que jamais, l’objet d’études et de recherches.

Par ailleurs, selon Rémi Léger, spécialiste de la francophonie canadienne et professeur adjoint de sciences politiques à l’Université Simon Fraser en Colombie-Britannique, « les Franco-Colombiens d’aujourd'hui sont une nouvelle communauté, une communauté qui doit encore se construire, c’est une nouvelle phase, une nouvelle génération ».
(http://ici.radio-canada.ca/sujet/francocb/2015/11/20/001-portrait-franco-colombiens-francais-francophonie-canada-education-immigration-chiffres.shtml)

Le SEPF

Dans ce contexte où les francophones n’ont plus de communautés historiques établies mais sont constitués par une diaspora francophone aux visages multiples, le SEPF continue de porter fièrement la chandelle de la vivacité des francophones de la Colombie-Britannique en œuvrant toujours dans le sens d’une reconnaissance accrue de notre francophonie autrefois majoritaire et devenue minoritaire au cours du temps.

Au niveau syndical, nous avons par exemple négocié en 2013 un article reconnaissant le français comme langue qui faisait foi pour les articles négociés localement en français. Nous avons également acquis le droit de nous exprimer en français dans les assemblées générales de notre Fédération (la Fédération des enseignantes et des enseignants de la Colombie-Britannique) en 2012.

Par ces initiatives, le SEPF œuvre pour que le français soit reconnu et respecté.

Au niveau professionnel, nous avons toujours organisé conjointement avec le conseil scolaire francophone un grand rassemblement provincial annuel appelé le Rond-Point. Le premier Rond-Point a eu lieu en 1999 sur l’île de Vancouver au lac Shawnigan un an après la création du SEPF (alors appelé ADEF) en 1998. Depuis, chaque année, nous donnons l’opportunité à tous nos enseignantes et enseignants de pouvoir se parler, se connecter en les rassemblant pour une journée de développement professionnel et d’affirmation de notre francophonie.

Cette année, le thème a été : « Ensemble, ressourçons-nous » avec une conférencière, Laurence Mercier, qui nous a parlé de pleine conscience.

Rond-Point 2015
Photo du Rond-Point 2015

Une autre initiative au niveau du développement professionnel que le SEPF a eue ces dernières années a été d’attribuer trois bourses de justice sociale pour faire fleurir des projets d’enseignantes et enseignants francophones dans ce domaine.

Ainsi, la communauté des colibris francophones du SEPF s’efforce de faire rayonner la francophonie aux multiples visages sur la côte Pacifique du pays et il demeure vital de resserrer nos liens avec les autres communautés francophones canadiennes et même mondiales en rapport à nos défis de cœur et nos enjeux communs.

Sylvie Liechtele est la présidente du SEPF depuis 2012.

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Le magazine Web Perspectives est publié par la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), une alliance nationale d’organisations provinciales et territoriales qui représentent plus de 238 000 enseignantes et enseignants des paliers élémentaire et secondaire au Canada.

Rédactrice en chef : Francine Filion | Traduction et révision : Marie‑Caroline Uhel et Marie‑Hélène Larrue
Correction d’épreuves : Denise Léger
Conception graphique : Nathalie Hardy et Athina Lavoie | Conception web : Greg Edwards

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