Perspectives

Le pouvoir des mots

Par Sherri Rose
Le 13 juin 2014

Symposium de la FCE sur les questions féminines de 2014 à Whitehorse

En tant que présidente du Comité chargé des questions d’équité de la Newfoundland and Labrador Teachers’ Association (NLTA), j’ai eu le privilège de représenter l’Association au Symposium de la FCE sur les questions féminines de 2014 qui a eu lieu à Whitehorse (Yukon) les 19 et 20 février. C’est l’Association des enseignantes et des enseignants du Yukon qui a accueilli cette année le Symposium, une initiative de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), sur le thème « Mobiliser les hommes et les garçons ». J’aurais pu choisir de parler d’un des nombreux sujets abordés pendant le Symposium, par exemple la traite de personnes au Canada, les stéréotypes sexuels, la santé sexuelle et les relations saines, et les expressions violentes de la masculinité, mais j’ai choisi un thème qui est ressorti des discussions et qui a su capter mon attention malgré son caractère apparemment simpliste : « les mots ».

Tout le monde a déjà entendu dire que les coups blessent, mais pas les mots. Mais y a-t-on vraiment réfléchi? J’ai moi-même dit et entendu cette formule, enfant, mais je crois maintenant que c’est plutôt l’inverse qui est vrai. Les os cassés et les blessures physiques guérissent, mais ce que nous disons et la manière dont nous le disons laissent des blessures, parfois invisibles, qui ne guérissent jamais.

Ketsia Houde
Ketsia Houde
Yukon Women's Transition Home
(Maison d'hébergement pour femmes du Yukon)

Les mots sont aussi violents que les coups : ce message a résonné haut et fort pendant tout le Symposium, et a véritablement piqué ma curiosité. L’une des conférencières, Ketsia Houde, de la Yukon Women’s Transition Home, une maison d’hébergement pour femmes violentées, a parlé du pouvoir des mots. Selon elle, bien qu’on entende souvent parler de querelles de ménage, il faudrait plutôt parler de violence conjugale. Quand on remplace le mot « querelle » par le mot « violence », la situation prend une toute autre dimension. Mme Houde a également parlé des relations violentes, qu’elle qualifie de terrorisme intime. Oui, j’ai bien dit « terrorisme intime ». Elle a prononcé ces mots avec beaucoup de conviction. Je n’avais jamais considéré les choses ainsi, mais elle a raison. Une personne qui subit de la violence à répétition dans une relation est victime de terrorisme. Les mots ont vraiment beaucoup de force et de pouvoir.

Il est important de les choisir avec discernement. Le Comité chargé des questions d’équité dont je fais partie s’est beaucoup penché sur le choix du vocabulaire et la formulation des politiques concernant les personnes LGBTA. Selon lui, il est extrêmement important d’utiliser un vocabulaire qui n’isole ou n’offense personne et qui intègre tout le monde. Le Symposium me motive à être encore plus consciente des autres et à toujours tenter d’être aussi inclusive que possible. Tout le monde a le droit de se sentir accepté et respecté.

Dans l’ensemble, le Symposium a été pour moi une formidable expérience d’apprentissage et une excellente occasion de perfectionnement professionnel que j’ai hâte de raconter à mes collègues et amis. Je termine en disant que si les coups peuvent me blesser, les mots, eux, me hanteront à tout jamais.


Photothèque (Flickr) du Symposium de la FCE sur les questions féminines de 2014

Sherri Rose est enseignante à l’école secondaire Xavier Junior High, à Deer Lake, et membre du Conseil exécutif provincial de la NLTA

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