Perspectives

Les élèves du Canada dénoncent la pauvreté chez les enfants

Par Pauline Théoret
Le 6 mars 2015

Jorja (à gauche) et Jazmin, Hines Creek Composite School (Alberta)

« Nous, enseignants et enseignantes, […] pouvons transmettre à nos élèves la vision de ce que pourrait être le monde s’il était guidé par l’équité et la justice sociale. Lorsque les élèves comprennent l’importance d’éliminer la pauvreté, ils peuvent s’investir de façon créative dans des projets d’action sociale école-communauté afin d’amener un changement positif. »

Dianne Woloschuk, présidente de la FCE

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En novembre 2014, 55 élèves et 30 enseignantes et enseignants se sont réunis à Ottawa pour participer au Sommet national des élèves organisé par Tenir la promesse, une campagne de lutte contre la pauvreté. Le Sommet, d’une durée de deux jours, a été le point culminant de plusieurs mois de travail en salle de classe sur le thème de la pauvreté par des élèves de la 5e à la 8année, de partout au Canada. Le programme de justice sociale de la FCE Imagineaction a offert aux enseignants et enseignantes des ressources et outils pédagogiques afin de les guider dans l’animation des discussions en classe, dans la recherche de statistiques sur les communautés et dans l’élaboration d’un projet d’action sociale école-communauté.

Après le travail préparatoire mené en salle de classe, les élèves et leurs enseignantes et enseignants se sont réunis pour présenter leurs découvertes et tenter de mieux comprendre le problème de la pauvreté à l’échelle communautaire, mais aussi nationale. Pendant leur séjour à Ottawa, les élèves ont eu la chance de rencontrer des représentants et représentantes de la Chambre des communes, du Sénat et d’organisations communautaires qui, jour après jour, viennent en aide aux personnes vivant dans la pauvreté. Mais surtout, les élèves ont eu la possibilité de faire connaitre leurs préoccupations à l’occasion d’un forum de discussion ouverte retransmis en direct.

Voici ce que des enseignantes et enseignants ont dit du Sommet national des élèves sur la pauvreté des enfants :

Rangée avant : Kevin, Mercy et Dorca, élèves. Rangée arrière : Liliane Masengo Kabamba, enseignante et Saim Mohammed, aide-enseignant.

Liliane Masengo Kabamba, enseignante, École élémentaire Pavillon de la jeunesse, Hamilton (Ontario) – La pauvreté est un mal qu’il faut éradiquer. La pauvreté, c’est de ne pas avoir les ressources nécessaires à la survie. Elle empêche un individu de vivre avec dignité dans sa communauté et de surcroit dans la société. La pauvreté n’a pas de race ni de couleur, car elle peut toucher n’importe quel individu (enfant, jeune, adulte). Cependant, elle peut avoir plusieurs formes. Elle peut toucher un individu ou encore un groupe ou une communauté dépendant de notre histoire et de nos circonstances de vie. Au Canada, elle peut se traduire par le manque d’accès aux activités sportives pour les familles à faible revenu, le chômage, le logement social, le manque de nourriture de qualité, mais ailleurs elle se définit comme le manque de nourriture, de vêtements, d’habitations, d’argent, le manque d’eau potable et donc l’inaccessibilité aux éléments de base pour la survie, etc.

Au canada, les enfants issus de familles immigrantes sont souvent touchés par la pauvreté à cause des difficultés qu’engendrent l’établissement et l’intégration de leurs parents. Le Sommet des élèves m’a donné une ouverture pour ouvrir un débat sur la pauvreté avec mes élèves dans le but de les conscientiser :

  • sur les droits des enfants au Canada;
  • sur les promesses faites par le gouvernement au sujet des enfants;
  • sur l’importance de lutter contre la pauvreté en s’éduquant pour devenir un adulte accompli et capable de se trouver un emploi.

Le Sommet a été l’élément déclencheur pour informer et inspirer les élèves sur leur rôle de leadership dans la communauté. Les élèves sont en plein projet : l’éducation est la clé qui verrouille la porte de la pauvreté afin d’informer la communauté immigrante de son rôle à jouer au sein de sa nouvelle société pour déjouer le tour de la pauvreté.

À chaque mal, il faut un remède. Connaissant les miracles qu’opère l’éducation, je conclus en disant : bien que l’État ait mis des structures en place pour accueillir les immigrants, l’éducation est la clé qui leur permettra de sortir de la pauvreté.

De gauche à droite : Martine Bernard, enseignante; Kyle et Ali, élèves.

Martine Bernard, enseignante, Sacred Heart High School, Stittsville (Ontario) – Voici deux remarques des élèves qui étaient autour de moi pendant la journée : « On se ressemble beaucoup partout au Canada. » « Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas plus d’adultes pour notre rencontre…? » de « tenir la promesse ».

Rangée avant : Adam, Joella et Diane Lewis, enseignante. Rangée arrière : Allison MacPherson, Nova Scotia Teachers Union (NSTU); Joan Ling, directrice générale du NSTU; Shelley Morse, présidente du NSTU et vice-présidente de la FCE. Les élèves ont été récompensés par le Prix du civisme et du respect du lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse.

Diane Lewis, enseignante, Greenfield Elementary School, New Waterford (Nouvelle-Écosse) – De retour chez moi après le Sommet, j’ai appris que, selon un nouveau rapport, un tiers des enfants de l’ile du Cap Breton vivent dans la pauvreté. C’est plus que la moyenne nationale. Il est grand temps que nos hommes et femmes politiques tiennent finalement la promesse qu’ils ont faite il y a 26 ans de mettre fin à la pauvreté.

De gauche à droite : Megan Ramsay, enseignante; Margaux, Cresny et Jaime, élèves.

Steffanie Roy, enseignante, St. Leonard Catholic School, Manotick (Ontario) – Ce Sommet de deux jours a donné à mes élèves le sentiment de pouvoir changer les choses et le désir de le faire. Les élèves ont pu participer à des échanges significatifs et trouver des solutions à des problèmes avec d’autres jeunes de leur âge, venus de partout au Canada. Les vidéos, les activités et les discussions ouvertes leur ont permis de mieux comprendre les difficultés auxquelles se heurtent jour après jour les enfants qui vivent dans la pauvreté au Canada. Plusieurs mois plus tard, mes élèves continuent de déployer des efforts pour faire connaitre le problème de la pauvreté à leur communauté et à participer à des collectes de fonds pour des organisations locales. Ils continuent de vivre l’engagement qu’ils ont pris de « tenir la promesse ».

Si vous voulez renforcer l’expression des valeurs communautaires et citoyennes dans un dossier aussi important pour la société que celui de la pauvreté, donnez une voix aux élèves!

Pauline Théoret est agente du Programme de coopération internationale et de justice sociale de la FCE. Elle est actuellement en congé.

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Le magazine Web Perspectives est publié par la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), une alliance nationale d’organisations provinciales et territoriales qui représentent plus de 238 000 enseignantes et enseignants des écoles élémentaires et secondaires au Canada.

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